Carnet de croisière en Polynésie dans les îles de la Société









 

           Carnet de croisière en Polynésie

 

 

 

 

 

 

 



 

 

 

 

 

 

 

En voyage ou en croisière, lorsqu’on vous promet le paradis, il arrive parfois d’être un peu déçu, d’avoir le cœur couleur purgatoire. Eh bien, naviguer en Polynésie, c’est encore mieux que le paradis ! Que ce soit du côté de Tahiti, de Moorea, de Bora-Bora ou d’autres îles de la Société comme Raiatea, Tahaa ou encore HuahineA condition toutefois de bien lire les cartes et d’être attentif aux « patates » de corail dans les lagons. 

 

 

 

Le voilier et plus particulièrement un catamaran à faible tirant d’eau est le plus sûr moyen de profiter de ce jardin d’Eden planté dans les eaux chaudes et turquoises du Pacifique, de découvrir ses trésors les plus cachés, loin des « resorts » sur pilotis qui ont fleuri ici ou là, dédiés aux touristes dont les semelles ne sont pas de vent.

 

L’idée de ce carnet est de vous offrir une version apéritive de la croisière, vous permettant de déguster ici ou là de courts textes, des images, sans oublier une vidéo en fin d’article. De quoi vous mettre le Pacifique polynésien à la bouche et, pourquoi pas, de chercher à en savoir plus ou, mieux, de mettre le cap vers les îles de la Société pour y naviguer !

 

 

 


 







 

 


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Raiatea, berceau de la Polynésie

 

 

 

 

 

 

 

Le hasard de la location d’un catamaran nous a fait débuter notre croisière à Raiatea. Le nom de cette île résonne moins que Tahiti ou Bora-Bora à nos oreilles de métropolitains, et pourtant Raiatea regorge de trésors naturels, historiques, culturels et archéologiques.

Raiatea, autrefois appelée « Havaï’ï »est même le berceau de toute la culture polynésienne, d’Hawaï à la Nouvelle-Zélande en passant par les îles Cook.

 

La croisière démarre à la base de Dream Yacht Charter à la marina d’Uturoa, au Nord-Est de l’île. Elle est sans charme particulier. Il faut la quitter au plus vite pour rallier le port du village voisin et profiter du ponton public pour l’avitaillement, sans oublier de prendre un café à la terrasse de la succulente pâtisserie « Bon Apetahi ». Et ensuite mettre le cap sur le petit Motu (îlot de sable coralien) Aïto. Eaux cristallines et dépaysement sauvage garantis. En plongeant, on y croise les premiers poissons multicolores et les raies, entre les eaux peu profondes et transparentes d’un bleu turquoise et celles plus foncées d’environ trente mètres. Certains navigateurs y font griller le produit de leur pêche façon Robinson Crusoé. L’Europe est déjà totalement oubliée tant la sensation d’être seul au monde est intense.

 

 

 


 








 

 

 

Pour la navigation suivante, cap est mis au Sud, vers le fameux marae de Taputapuatea. Entre terre et lagon, c’est un centre religieux et politique majeur, composé de pierres et de verdure, qui s’étend de la mer aux montagnes. Ce marae est le plus important de toute la Polynésie. Il a été construit pendant des siècles par le peuple ma’ohi. Taputapuatea est un lieu de culte où le monde des vivants croise celui des ancêtres. Les chefs, les prêtres et les guerriers venaient de partout à bord leurs pirogues à balanciers. Il ne faut surtout pas manquer de visiter ce marae dédié au dieu Oro. On y ressent une paix profonde et le fameux mana (force sacrée) tahitien.

 

 

 

 


 


 

Retour au mouillage, près d’un plongeant. Le temps d’un tartare de thon rouge au lait de coco et on remonte le lagon vers l’île de Tahaa

 

 

 

 



 

 

Avec un alizé bien installé, la navigation est vraiment rapide et très agréable, entre les bouées du chenal et les nombreux motus. Le vent d’Est/Nord-Est nous fait osciller entre travers et bon plein. La mer est plate. Pour rallier Tahaa, on ne sort d’ailleurs pas du lagon protecteur. On laisse la plage de Joe Dassin à tribord avant de mouiller près du motu Tautau. Le décor est de rêve, mais le meilleur nous attend au jardin de corail, au cœur des petits îlots.

 

 

 

Après une petite marche sur un motu totalement sauvage, à la végétation luxuriante, on plonge dans un petit chenal aux eaux pures et transparentes. Le but est de se laisser dériver par la courant et d’admirer, avec masque et tuba, les poissons et les raies se disputer les plus beaux coraux. Un conseil : amenez une banane pour nourrir et attirer les poissons, ça fonctionne très bien !

 

 

 


 

 


 

 


 


 

 

 

 

 


Cap sur Bora-Bora, la perle à couper le souffle !

 

 

 

 

 

 





 

 

 

Il y a à peu près vingt milles séparant la passe Pipai pour quitter le lagon de Tahaa et celle, majestueuse, de Teavanui, pour gagner celui de Bora-Bora. Si, comme nous, vous avez la chance de bénéficier d’un grand soleil et, cerise sur la noix de coco, d’un alizé d’Est de plus de vingt nœuds, la traversée est vraiment sensationnelle.

 

La longue houle du Pacifique redonne vie au bateau, alangui par le calme des lagons. Cap au 295, on dévale les vagues, accompagnés par les poissons volants. Les quinze milles nous séparant du phare de Turiroa, bordant la barrière de corail de Bora-Bora au Sud-Ouest, sont vite avalés, entre grand-largue et travers. Le spectacle est somptueux, émouvant, avec face à nous le sommet volcanique, d’un vert tendre, du mont Otemanu. Dans notre sillage, les monts Tefoaiti de Raitea et Ohiri de Tahaa diminuent peu à peu.

 

Le dernier bord, le long des coraux, s’effectue au près, jusqu’à la passe. Puis, les yeux écarquillés, on découvre le bleu clair mais intense du lagon de l’île autrefois appelée Mai te pora, « créée par les dieux ». Un œil sur la carte, l’autre sur le sondeur, nous effectuons le tour de l’île principale par le Nord, afin de gagner le fantastique mouillage au Sud-est, entre la pointe Paoaoa et celle de Tepuhoro, sur le motu Fareone. On jette l’ancre ou prend un coffre par deux à trois mètres d’eau, face à des plages désertes et paradisiaques de sable fin, bordées de cocotiers.

 


 


 

 

Nill, notre marin du bord, aperçoit son ami champion hawaïen Mani Pahuatini s’entraîner au kite foil. Il décide de se faire « tirer » en planche à l’aide d’un bout. La manœuvre, inédite, fonctionne à merveille et assure le spectacle au mouillage, avant le coucher du soleil derrière le volcan.

 

 

 

 


 


 

 

 



 

 

 Au pied du volcan, entre lagon et océan Pacifique, le réveil est paradisiaque. Passion fruits au petit-déjeuner entre deux plongeons, puis ont part cultiver à nouveaux nos jardins d’Eden de Corail. Un coup d’annexe, des palmes, un masque et un tuba, et nous revoilà dans un aquarium à ciel ouvert, à la pointe Tupitipiti, face à l’île de Tahaa. Le spectacle est garanti, mais attention toutefois à ne pas se laisser trop dériver par le courant, parfois assez puissant. Cap ensuite sur l’autre côté du mouillage, vers le motu Piti Uu Uta, près de la pointe Sud de de Bora-Bora, Matira, et ses hôtels luxueux bordant des plages de sable blond. Toujours le même spectacle fascinant de raies croisant des poissons multicolores, entre des cailloux posés dans le fond, dessinant en toutes lettres « love Bora-Bora ». C’est peu de l’écrire et de le dire !

 

 


 


 

 

Radio mouillage nous ayant conseillé de ne pas manquer LE mouillage de Bora-Bora, Baie Tehou, côté ouest, face au motu Toopua, nous repartons au près dans le lagon. Le vent étant plus nord que prévu, il nous faut tirer quelques bords.  Les fonds sont très peu profonds de ce côté de l’île. Malgré la tempête de ciel bleu, Il convient de veiller au grain, l’œil sur le sondeur.  La silhouette familière du Paul Gauguin, paquebot construit en 1996 aux Chantiers de l’Atlantique de Saint-Nazaire, nous indique plus sûrement qu’une carte marine notre arrivée en rade de Vaitape. Le bourg, capitale de Bora-Bora, est accueillant, avec un quai public où l’on peut aisément et gratuitement s’amarrer. Le temps de refaire le plein de fruits ou de poissons, que l’on achète à la sauvette dans les rues commerçantes. L’ambiance est très sympa, pour y déjeuner sur le pouce ou boire en verre en terrasse. Le jaune ocre de l’église protestante attire les regards et les objectifs.

 

 


 

 


 

 


 


 

 

 

Entre les multiples navettes d’hôtels ou de randonnées maritimes, il nous faut trouver un créneau pour manœuvrer et quitter le port vers des eaux plus tranquilles et sauvages. Cap sur le motu Toopua, quasiment vierge de toute habitation et d’activité humaine.  Le mouillage baie Tehou est à la hauteur de sa réputation. Magnifique et calme, entre la barrière de corail et une végétation luxuriante. C’est aussi un spot exceptionnel pour observer les raies Manta, qui viennent s’y faire déparasiter grâce au travail amical et consciencieux de dizaines de poissons nettoyeurs. Un peu plus loin, dans des eaux encore moins profondes, on croise de très nombreux requins pointe noire, parfaitement inoffensifs. Spectacle et émotions garantis. 

 

 


 


 

 


 


Traversée vers Raiatea et Huahine 

 

Le temps d’une traversée vers Huahine, l’île authentique et sauvage, via un mouillage à Raiatea, on retrouve avec bonheur la grande houle du Pacifique. Nous n’avons pas eu la chance de voir des baleines, pourtant très présentes dans ces contrées. En revanche, des dizaines de dauphins nous ont longuement accompagné en approchant de la passe Rautoanui, sur la côte Ouest de Raiatea, lorsque les fonds remontent en moins d’un demi-mille de 300 à 40 mètres. Les dauphins nous ont offert un superbe ballet, sautant sur les vagues et leurs moutons. L’idée nous est venue de plonger une petite caméra 360 au bout d’une perche. Pas facile en navigant à huit nœuds, mais les images en valaient la peine.

 

 


 

 

 


 


 


 







 

 

Devant Pufau, à Raiatea, le mouillage est parfait pour admirer le soleil se coucher au loin, sous le vent de Bora-Bora, à l’horizon. Ne manquez pas non plus le ponton du bar resto leFish and blue ou ses tables les pieds dans l’eau. Spot magique !

 

 


 

 


 

 

 



 

 

 

 

La traversée vers Huahine, l’authentique, est plus grise et même parfois pluvieuse. C’est que cette île, renommée comme étant la « plus secrète » de l’archipel de la Société, se mérite. On mouille en baie de Fare, balayée par les grains orageux. La présence d’une épave visiblement récente, avec son génois déroulé et déchiré, nous incite à la plus grande prudence. Sur les conseils de navigateurs rencontrés lors de la croisière, nous mouillons près du ponton du célèbre Yacht club de Huahine.L’endroit est assez génial, familial et sympathique. Tout le monde s’y retrouve pour un apéro ou un dîner pour regarder l’astre rouge se coucher dans le Pacifique, entre Raitea et Tahaa, à l’Ouest. A ne pas manquer aussi Maeva, sur la côte Est de l’île, avec le superbe spot de l’ancien hôtel Sofitel. Avec son jardin de corail et ses très jolies plages, l’endroit vaut vraiment le coup. Mais ce n’est pas le seul, loin s’en faut, et vous ne serez pas dérangés par les voisins de mouillage. Ils sont peu nombreux à Huahine, et c’est heureux tant l’ile est sauvage et verte.

 

 



 


 


 

 

Tahiti et la vague sacrée de Teahupoo

 

Papeete est évidemment un spot incontournable, avec son mouillage entre la barrière de corail et la piste d’atterrissage. La vague de Teahupoo, rendue (encore plus) célèbre par les Jeux olympiques. L’endroit est majestueux et est resté authentique, dans son jus. Ici, c’est la vague qui est sacrée, par les surfeurs. Elle est située à l’extrême sud-Ouest de Tahiti, sur la presqu’ile de Taiarapu. En bateau, le coin est bien balisé, mais méfiez-vous de la mer. Qui dit vague réputée dangereuse dit grosse houle du Pacifique. La vue sur les monts volcaniques protégeant Teahupoo est superbe et la nature y est totalement sauvage.

 

 


 

 


 


 


 

 

 

 

Cap sur Moorea

 

A Papeete, on se sent irrésistiblement attirés par l’île de Moorea. Elle se détache à moins de dix milles à l’horizon et son dessin est une promesse de nouveau paradis. La sortie du port de Papeete est à la fois large et aisée. Entre la mer du large, la barrière de corail et les hauts fonds bordant les bateaux au mouillage, la palette des bleus y est incroyable et enchanteresse.






Un conseil : filez vite au nord de l’île de Moorea les deux anses profondes et majestueuses. La baie de Cook puis celle d’Opunohu. On peut aussi s’aventurer un peu plus à l’Ouest dans le lagon par une virée vers le motu Tiahura. Juste avant la plage des Tipaniers, vous pourrez prendre un coffre avec votre annexe sur un banc de sable où viennent en très grand nombre les requins à pointes noires et les raies. Spectacle irréel garanti !




















Lien vers la vidéo du reportage :


Vers You tube


https://youtu.be/lqAWqTR9c0s?feature=shared


Version plus longue

https://www.youtube.com/watch?v=wywf4KczScQ



Vers TikTok (vue 37,3 k fois)


https://vm.tiktok.com/ZGe3Sj6Qm/




 

 

Jean-Marie BIETTE





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